Réflexions de Carmen

 

Ceci sont mes réflexions personnelles. Elles sont souvent inspirées par mes chevaux, les chevaux que j'ai la chance d'aider et par ce que j'apprends tous les jours en tant qu'instructeur avec vous. L'inspiration n'est pas quelque chose que je programmes, alors petit à petit une petite bibliothèque d'articles sera créée ici.

Plus j’enseigne plus je me rends compte des possibilités illimitées des chevaux et de leurs propriétaires. J’ai vu tellement d’élèves progresser et atteindre leurs buts, ils ont souvent progressé beaucoup plus loin que ce qu’ils avaient imaginé ou envisagé au départ.
Des situations au début difficiles ont fini par évoluer dans une bonne direction et, pour certains cas, quand je repense à la situation de départ, cela me surprend encore quelques fois. 

Cela m’a fait réfléchir sur les qualités humaines qui font que cela se passe ainsi : 

 

1. Accepter sa part de responsabilité

On a choisi le cheval, on a fait des choix dans le passé, le cheval a sa Horsenality, et nous notre personnalité, chacun a ses possibilités et ses limites liées à où nous sommes en ce moment. 

« Le seul moyen d’avancer d’où nous sommes à là où nous aimerions aller est d’accepter où nous sommes.» 

Ceci est le plus difficile et aussi le plus important. Cela ne veut pas dire fermer la porte aux possibilités mais cela demande d’être honnête avec soi-même. Arrêter de voir le monde en rose ou en noir, s’accepter soi-même et accepter son cheval tel qu’il est.
Il est plus ou moins simple d’apprendre à ne plus se comporter comme un prédateur face à son cheval. Il est aussi important, et souvent moins facile, de ne pas se comporter tel un prédateur face à soi-même. L’autocritique, la dénégation, se mentir à soi-même, les « si », « mais », « si jamais », si seulement », la comparaison et le jugement de soi en vue des autres sont des facultés typiquement humaines qui ne sont pas connues dans le monde du cheval.
Cela prend parfois du courage, mais souvent c’est juste une décision, car c’est le seul moyen de progresser en sécurité et avec du plaisir. Parfois le cheval nous oblige à y faire face un peu plus rapidement que nous l’aimerions et cela reste notre choix d’accepter ce qu’il nous renvoie comme message ou de l’ignorer. 
Progresser et apprendre n’est pas toujours agréable et demande de l’énergie. 

 

2. La faculté de rire de soi-même. 

Ceci est pour moi une clé majeure.
Pouvoir ne pas se prendre au sérieux à tout moment.
S'amuser et pouvoir rire de ses bêtises.
Parfois relativiser un peu? Regarder autour de soi.
La plupart de nos problèmes sont des problèmes que nous créons nous-mêmes et que personne d’autre ne nous impose. 

« Ce qui nous crée des problème n’est pas ce que nous ne savons pas. Ce sont les choses dont nous sommes convaincus et qui ne sont pas. »  Mark Twain 

 

 

3. La faculté de voir les défis et problèmes comme des opportunités

Comme Linda dit «  tourner la frustration en fascination » ou quand nous arrivons à dire oh, wow, quelque chose à apprendre au lieu de nous dire ah m... cela ne va toujours pas.

Quand un avion s’envole de Londres pour se rendre à New York il est 90% du temps en dehors de sa trajectoire. Tout ce que le pilote fait est ajuster en fonction de la déportation du vent. A aucun moment il ne doute de sa direction ni du fait qu’il va arriver à sa destination.
Alors que nous, face au cheval et immergé au plein milieu de notre apprentissage, il suffit que notre cheval nous pose une question de trop au moment auquel nous ne sommes pas prêts et nous avons envie de prendre le parachute pour abandonner « l’aventure » car nous avons le sentiment que « le navire » va se noyer et que nous n’y arriverons jamais et tout cela juste du fait que nous avons de la peine à accepter que le cheval nous pose des questions?

 

4. Toujours être ouvert pour apprendre

C’est une chose que je vois chez  tout les grands maîtres, peu importe leurs niveaux et leurs expériences, ils sont toujours prêts à apprendre quelque chose de plus et à se remettre en question.
Être ouvert à apprendre veut dire accepter le fait de ne pas savoir. Ceci est plus facile à dire qu’à vivre. Observez-vous un peu... combien de fois dans une journée, voir dans une semaine vous dites : « oui, je sais », « oui, mais », « oui, mais si », « oui, je comprends, mais? » 

Combien de fois vous n’avez pas posé une question par peur d’avoir l’air ridicule, de poser une question stupide, de poser une question qui dévoilera que vous savez moins que vous aimeriez que les autres pensent ? 

Souvent dans les cours les gens ont de la peine à partager ce qu’ils ont appris en pensant que ce n’est rien de spécial et qu’ils auraient déjà dû savoir cela depuis longtemps. 

Tout ce que je peux faire est  vous encourager à oser apprendre, à accepter le sentiment de vulnérabilité qui y est lié (la zone orange) car c’est à ce moment-là que les choses vont progresser à vitesse grand V. 

 

5. Le Pardon, se pardonner à soi-même, à son cheval, aux autres...

Une fois que nous apprenons un peu plus, il est souvent naturel de culpabiliser par rapport à notre passé.
Cela ne sert à rien. Tout ce que nous pouvons faire est de faire de notre mieux tous les jours en respectant les points 1 à 4.
Le cheval aussi fait de son mieux et lui en vouloir est ridicule et n’a surtout pas de sens car c’est nous qui avons choisi de nous mettre avec lui.
D’en vouloir aux autres pour des conseils erronés, un travail mal fait ou autre est souvent de l’énergie mal utilisée car si on est honnête, on avait tout à fait le choix de les écouter ou pas.
 
Cela implique aussi la faculté de pouvoir dire « Merci », tout d’abord à soi-même. Et d’accepter avec un simple « merci » un compliment, même si tout notre système est programmé pour nous dévaloriser en disant « oui mais tu sais j’ai encore beaucoup à améliorer? »
 
Accepter là où nous en sommes, y prendre du plaisir. Il n’y a rien de plus riche que le moment présent. Nous n’avons aucun moyen d’être certain de ce qui arrivera dans les minutes à venir et encore moins dans les jours qui viennent. Alors profitons de chaque instant et prenons la vie et ses défis avec le sourire car à la fin, c’est nous qui choisissons et nous avons des possibilités de choix illimitées une fois que nous ouvrons les yeux. 

Voilà..... quelque chose pour réfléchir un peu.... ;-)

Carmen