Horsemanship au Naturel

Si vous étiez un cheval...
        ... quel genre de cavalier désiriez-vous?

Dans l’équitation d’aujourd’hui, le cheval est souvent jugé et regardé de manière subjective: il est bon, il est gentil, …ou il est vicieux... il tire... il s’échappe... il se cabre... il est stupide, borné ou dérangé.

Et l’humain, qui a le sens de la mécanique, a recours à toutes sortes de dispositifs pour avoir plus de contrôle sur son cheval

Si nous regardions les choses du point de vue du cheval, nous les verrions certainement d’un autre œil. Ce cheval « stupide » pourrait être terrorisé des humains / des selles / d’un mors dans sa bouche / de la pression des jambes, et un cheval qui a peur fera n’importe quoi pour se défendre... n’importe quoi!
L’humain dit “cheval stupide ”, mais l’homme du cheval dit “pourquoi est-ce que ce cheval se sent-il en danger? ”

 

Les chevaux sont des proies, les humains des prédateurs.

C’est un fait biologique. Les proies ont leurs yeux sur le côté de la tête de façon à pouvoir voir tout autour d’eux, ils sont perspicaces au danger et fuient s’ils ont peur. Les prédateurs, eux, ont leurs yeux sur le devant de la tête et ils ne fuient pas... ils restent et se défendent ou se figent.
Quand les chevaux sauvages voient pour la première fois des humains, ils voient en eux des prédateurs et, naturellement, ils en sont effrayés. Il y a peu de différence avec les chevaux “domestiques”. Malgré qu’ils aient été élevés par les humains, ils ont toujours un cheval sauvage en eux et c’est celui-ci qui frustre et met en danger les gens quand il fait surface. Ce sont généralement les caractéristiques de la proie qui posent des problèmes. Par exemple: s’échapper, faire des sauts de mouton, se cabrer, ruer, taper, se jeter parterre, charger contre les gens, être difficile à attraper.

Ce sont toutes les choses qui aident une proie à survivre. Elles ont été conçues pour être plus malignes, plus rapides et capables de déjouer les prédateurs.

Nous devons donc nous arrêter un moment et considérer ces comportements. Ce n’est pas un mauvais cheval, c’est une bonne proie. Maintenant, que devons-nous faire pour ne pas provoquer ces défenses et ces réactions. C’est la vraie question pour l’aspirant « homme de cheval ».

 

Ce qui provoque les réactions de défense

C’est la partie que les gens ont le plus de peine à accepter: nous faisons peut-être partie du problème. L’un de mes anciens professeurs m’a dit un jour “Si tu ne fais pas partie de la solution, tu fais probablement partie du problème!” ceci pourrait nous aider à penser à la relation avec notre cheval. Par exemple, j’ai souvent des personnes qui me disent que tous leurs chevaux se cabrent, alors qu’elles sont leurs actions qui pourraient en être la cause?

 

Voilà quelques-unes des “erreurs” les plus communes que les prédateurs innocents (les humains) font avec les chevaux:

1. Penser que les chevaux sont sûrs et simples.

Quand vous comprenez vraiment les chevaux, c’est vrai. Mais la plupart des gens pensent être capables de faire n’importe quoi avec leurs chevaux et que ceux-ci se comporteront correctement, resteront sans bouger et ne feront rien de mal. C’est le genre de personnes qui se fait mordre, taper ou embarquer.

2. Seller et monter sans aucune préparation.

Si un cheval ne reste pas sans bouger spontanément et ne vous donne pas la permission de le faire, votre relation n’est pas assez bonne. En préparant le cheval à être sellé et en vous assurant que vous avez une relation de confiance avec lui, vous saurez qu’il ne se comportera pas de mauvaise manière quand vous serrerez la sangle et montrez dessus.

3. Talonner pour avancer, tirer pour s’arrêter. C’est ainsi que fonctionne un cheval.

Je pense que de tous les mensonges que l’on nous inculque, c’est le plus préjudiciable. D’une façon ou d’une autre, ces techniques ont été transmises depuis des générations et je vois des chevaux être talonnés et talonnés, devenir de plus en plus entêtés et remplis de ressentiments, et alors les éperons et les cravaches entrent en scène car la perception commune est que le cheval ne sent plus les aides.

Tirer pour s’arrêter... combien de “bouches dures” avez-vous montés? Les cavaliers doivent tirer de plus en plus fort dans la bouche du cheval qui ne veut pas s’arrêter. Ils prennent de plus gros mors, et avec cela toutes sortes de martingales car plus ils tirent fort, plus le cheval lance sa tête vers le haut.

L’approche naturelle signifie serrer pour avancer et lever pour s’arrêter. Au moment où vous tirez sur les rênes, le cheval bloquera sa mâchoire et plongera son poids en avant. En levant les rênes, le cheval baissera son arrière-main et déplacera ainsi son poids vers l’arrière.

4. Avoir des mains rapides

Des mains rapides créent des chevaux qui tirent. Quand vous agrippez les rênes, ils tendent leur mâchoire et leur encolure pour se défendre. Alors leur tête se lève. Plus vous les tenez tendues, plus votre cheval se sentira claustrophobe et affolé. Il utilisera alors toutes les stratégies de survie d’une proie.
Apprenez à avoir des mains qui se ferment lentement et qui s’ouvrent rapidement et ceci lorsque le cheval cède à la pression.

5. Montrer au cheval qui est le chef.

Voilà le mythe qui pose le plus de problèmes. Il amène à un traitement agressif et insensible avec le cheval et il ne peut que produire des réactions négatives: peur et ressentiment.

C’est vrai que les chevaux sont des suiveurs naturels et qu’ils cherchent leur alpha naturel. Il ou elle est le plus dominant et tous les autres chevaux le suivent. Si l’alpha est calme, ils sont calmes. Si l’alpha est en alerte, ils le sont aussi. Si l’alpha a peur, ils ont peur. La survie du troupeau en dépend.

Dans l’environnement humain, le cheval recherche aussi un leader. Si vous pouvez gagner ce droit, vous aurez un cheval confiant et respectueux qui vous suivra spontanément. Si vous n’êtes pas un bon leader votre cheval essaiera alors peut-être de vous dominer et devenir l’alpha. Et si vous êtes un leader agressif, il ne vous fera pas confiance et sera effrayé de vous plutôt que confiant.

Les chevaux ne comprennent pas la punition. Ils ne gèrent pas bien les émotions humaines telles que la colère ou la frustration. Celles-ci provoquent de la peur et de la confusion. Par contre, ils comprennent le confort et l’inconfort. Ils veulent être confortables et c’est pourquoi le relâchement est si important pour eux. Mais un cheval ne se souciera pas de son confort s’il pense qu’il est en danger. C’est pourquoi ils sont capables d’endurer toutes sortes de cruautés et de brutalités, de traitements punitifs... Ils toléreront tout ce qui est nécessaire dans le but de survivre. Cela ne nous semble peut-être pas logique, mais nous ne pensons pas comme des proies... pas encore.

Avec le horsemanship naturel, nous apprenons à penser comme un cheval, afin de lui prouver que nous n’allons pas agir comme des prédateurs et que nous serons déterminés plutôt qu’agressifs.

Etre déterminé se trouve quelque part entre être agressif et être une mauviette. C’est être aussi ferme que nécessaire sans être en colère ou méchant, et ceci avec quatre “Phases” de fermeté. La première phase étant aussi douce que possible et la quatrième aussi forte que la résistance du cheval avec 100 grammes de plus.

Les chevaux ont besoin de lignes blanches ou noires, ils doivent savoir quand ils sont sur le bon chemin et quand ils ne le sont pas, et comment s’y prendre. Vous pouvez rendre un cheval inconfortable sans lui faire mal et c’est le secret. Il fera l’effort de chercher la chose juste à faire et il vous respectera pour le lui montrer.

 

Alors, quelle est la réponse...?

 

Penser comme un cheval.

Vous avez certainement entendu parler des stratégies de relations humaines qui vous conseillent de vous mettre à la place de l’autre, afin de voir les choses de son point de vue et ainsi être capable de mieux le comprendre et éviter les malentendus. Ce même principe s’applique à la relation cheval-humain.

La première chose à accepter est probablement que c’est une relation et la seconde que la qualité de cette relation est votre responsabilité.

Afin de penser comme un cheval, vous devez comprendre la psychologie des proies. Vous devez découvrir la motivation des chevaux, ce qui les attire. Et contrairement à l’opinion publique, la nourriture est loin d’être en tête!

Les chevaux se préoccupent de leur:

  • sécurité
  • confort
  • jeu
  • nourriture

... et ceci dans cet ordre.

Vous devez comprendre qu’ils vous perçoivent comme un prédateur et que la première chose que vous devez faire est de leur prouver que vous n’allez pas leur faire de mal. La seconde est de leur prouver que vous êtes dignes d’un leader et ceci en jouant les mêmes types de jeux de dominance qu’ils jouent avec leurs congénères.

J’ai identifié ces jeux après avoir observé pendant des années les chevaux dans leur habitat naturel et je les ai appelé les 7 Jeux. Il y en a, naturellement, sept et une fois que vous les connaissez bien, vous pouvez les utiliser efficacement autant pour être ami avec votre cheval que gagner le droit d’être son alpha.

A travers les 7 Jeux, vous établissez le genre de relation que la plupart des gens rêvent, même avec un cheval difficile. Ils fonctionnent car ils “parlent cheval” aux chevaux afin de vous aider à faire ce que les chevaux font à cheval-city. Cela leur donne une perspective très différente de leur “prédateur” et c’est ainsi que la plupart, si ce n’est pas tous les soi-disant vices et problèmes s’éclipsent. Plutôt que de chercher une technique ou un mécanisme miracle pour résoudre un problème, je vous donnerai la stratégie qui, en plus de résoudre les problèmes, permet de les prévenir.

 

Mon objectif pour vous

Mon premier objectif pour vous est de remettre du plaisir dans votre relation avec votre cheval, ce qui est facile à faire une fois que toute frustration a disparu. Le second est de développer vos compétences avec les chevaux que probablement 98 % des propriétaires de chevaux n’ont pas et le troisième est de vous donner un chemin à suivre si vous désirez développer ces compétences à un très haut niveau, avec des objectifs professionnels ou compétitifs ou dans la poursuite de l’art du Horsemanship.

Quelques soient vos buts, j’aimerais vous aider à devenir le genre de personne que votre cheval désire, de façon à avoir plus de plaisir et de succès dans votre relation avec les chevaux.

 

 

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