Devenez un Horseman…

Le voyage pour devenir un Horseman peut être une des aventures les plus stimulantes et gratifiantes que vous entreprenez.
Il s’agit de vous développer sur les plans physique, émotionnel et mental, et de devenir le type d’être humain que votre cheval va respecter et admirer, celui en qui il va avoir confiance. On est donc nettement au-delà du fait d’être simplement un bon cavalier : il faut acquérir le Savvy (savoir instinctif) du cheval, à l’intérieur et à l’extérieur.
La plupart des personnes ont tendance à se concentrer sur le dressage de leur cheval. Il ne fait pas de doute qu’un cheval est susceptible d’être formé d’un point de vue technique mais, à se limiter à cet aspect, on passe à côté d’un gigantesque potentiel. Mon optique, c’est de vous amener à débuter une relation et développer un partenariat fondé sur l’amour, le langage et le respect.
Les chevaux sont extrêmement intelligents. Pour un peu qu’on les encourage à penser et à exploiter les possibilités de leur cerveau, on leur permet de faire ressortir leur « personnalité » et de prendre autant de plaisir à votre compagnie que vous pouvez en éprouver vous-même. Il faut que vous commenciez par communiquer, non pas par le dresser. Et une fois que vous aurez un langage avec votre cheval, vous pourrez lui demander pratiquement tout ce que vous souhaiterez qu’il fasse, sans jamais avoir recours au “dressage “.
L’évolution vers le statut de Horsman représente un processus fascinant et merveilleux, qui peut pourtant s’avérer parfois douloureux ! Loin de moi l’idée de prétendre que par moments vous n’éprouverez pas de sentiments de frustration, de doute ou de colère, plus ou moins prononcés selon votre nature ; mais c’est le prix à payer pour y parvenir, c’est l’expérience par laquelle vous devez passer pour surmonter des barrières qui vous entravent sur le plan émotionnel.
On trouve là le dicton : « Pour faire changer et évoluer les choses, commencer par changer et évoluer vous-même ». Si on modifie son mode de pensée et ses actes pour les rapprocher de ceux du cheval, on créé ce que j’appelle un « rapport ». Car les chevaux aiment les humains qui agissent comme eux.
En apprenant à susciter ce rapport et à comprendre les chevaux, vous allez devoir abandonner votre ego et renoncer à recourir au mot « devrait » (« mon cheval devrait faire telle ou telle chose »). Si les choses ne se déroulent pas comme vous le souhaitez, c’est à vous qu’il faut vous en prendre : soit vous avez péché par manque de clarté, soit vous n’avez pas mis le cheval dans le contexte qui lui aurait permis de réussir : vous l’avez insuffisamment préparé, vous lui avez demandé quelque chose qu’il n’était pas prêt à faire …
Prendre ses responsabilités représente une étape difficile : il est nettement plus commode de rejeter la faute sur le cheval, mais c’est une démarche qui ne fait absolument pas avancer les choses.

En général, le changement de comportement chez une personne s’effectue en quatre phases bien distinctes :

1. Le déni 2. L’accusation 3. La colère 4. Le chaos

Le Déni – « C’est forcément la faute du cheval puisque cela ne peut pas venir de moi », ou encore «  Mais non, mais non, je n’ai pas de problème ». On a affaire à un comportement d’évitement et il vous tiendra là où vous êtes… sans progrès !

L’Accusation – «  Sûr que c’est le cheval, c’est un incapable, un borné, il n’a aucun talent », ou «  C’est à cause du programme ! Je n’ai jamais eu ces problèmes avant. »  Certes, le cheval a bien dû vous cacher quelque chose, puisque son mental ou ses émotions sont des volets sur lesquels vous ne vous étiez jamais penché.

La Colère – Elle est négative et destructrice. Il est tout à fait vain de s’en prendre à l’un ou à l’autre au point de s’énerver.

Le Chaos – C’est un stade auquel il est facile d’arriver quand on est en colère : les heures les plus sombres sont avant l’aube. Il n’existe plus qu’une issue, celle qui consiste à accepter sa responsabilité, à accepter le fait que l’on participe au problème. C’est seulement à partir de ce moment-là qu’il est possible de se changer… et, chose surprenante, c’est à ce même moment que le cheval se met à changer !

Il s’agit là d’un cas extrême, et je ne prétends pas que vous le vivrez obligatoirement ; simplement, j’ai une expérience qui m’a permis de dégager les grands traits d’une évolution. Si vous êtes capable d’en prendre conscience, vous allez être capable d’identifier ces phases et, donc, de prendre les mesures qui s’imposent. C’est quelque chose qui a aidé bon nombre de mes élèves.
Au cours de ce programme, vous allez être amené à faire exactement l’inverse de ce à quoi vous êtes habitué. Il est donc normal que vous deviez effectuer des changements, que vous fassiez des erreurs.

Une attitude qui promet la réussite

Nous avons mené une étude parmi les étudiants qui réussissent le mieux, et nous avons constaté qu’ils avaient réalisé des progrès extrêmement rapides à partir du moment où ils assumaient leurs responsabilités dans la relation cheval - homme, c’est-à-dire qu’ils acceptaient le fait que la réaction positive ou négative du cheval est directement proportionnelle au niveau de leur Savvy.
Ces élèves se caractérisent par leur persévérance, par leur capacité à avoir de l’humour sur eux-mêmes. Dans chaque défi lancé par le cheval, ils voient une opportunité d’apprendre. Ils sont extrêmement concentrés, ne se laissent pas distraire ; ils se focalisent sur leur objectif sans montrer d’impatience, sans adopter pour y parvenir une approche directe (= prédateur). Pour arriver à leurs fins, ils sont capables d’agir par étapes et de renforcer systématiquement leur savoir-faire ; et puis un jour, ils réussissent des choses tout à fait étonnantes.

Tout le monde n’est pas dans cette disposition d’esprit, mais il s’agit là de l’attitude idéale car elle traduit de la souplesse et d’une volonté d’évoluer.
Quelques soient vos buts, j’aimerais que vous deveniez le genre de personne que votre cheval désire, de façon à avoir plus de plaisir et de succès dans votre relation avec les chevaux.

Un article de Pat Parelli avec une adaptation en français de Carmen Zulauf

 

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