Mon cheval ne s’arrête pas. 

De Pat Parelli

Vous avez passé par-là… vous ne pouvez plus retenir votre cheval. Il caracole, tire sur le mors comme un train marchandise et se rue en avant. Mais vous le retenez avec une détermination incroyable car vous savez que si vous lâchez, il s’échappera à un million de kilomètres à l’heure en passant par-dessus et à travers tout ce qui se trouvera sur son chemin !

Que faire ? !

Rappelez-vous que c’est une rêne pour le contrôle et deux rênes pour la communication. Si vous pouvez plier l’encolure de votre cheval et ainsi stopper un côté, l’autre ne s’échappera pas ! Tirer sur deux rênes est totalement inefficace. Un cheval peut s’appuyer dessus et amplifier sa puissance.

Bien que plier son encolure soit une bonne chose à faire en cas d’urgence, il est important de le pratiquer avant d’être dans cette situation. Apprenez à votre cheval à plier son encolure en « Flexion latérale » à l’arrêt, à droite et à gauche. Une fois que c’est facile, essayer-le au pas… glissez votre main le long de la rêne et demandez-lui poliment de plier son encolure. Gardez-le dans cette position jusqu’à ce qu’il puisse garder ses jambes immobiles et détendue, et alors lâcher la rêne. Ensuite, faîtes-le au trot… et ainsi de suite. Obtenez-le aussi bon que vous puissiez galoper et, à tout moment, saisir la rêne et plier son encolure jusqu’à l’arrêt. Le tenir jusqu’à ce qu’il se détende lui apprendra que la flexion latérale est un signal pour se détendre et reprendre le contrôle.

Important : Ne soyez pas surpris si votre cheval est d’abord plutôt résistant. C’est une position très vulnérable pour un cheval car sa survie est basée sur la fuite. Il sait qu’il ne peut pas s’échapper si son encolure est pliée, c’est pourquoi la plupart des chevaux ne se laisseront pas mettre dans cette position. Soyez un professeur patient et compréhensif. Laissez aller s’il commence à se débattre et recommencez. Vous aurez beaucoup plus de succès en utilisant l’approche et le retrait, la répétition et en reprenant un nouveau départ plutôt que de simplement le forcer.

Si vous apprenez à votre cheval par opposition à le forcer, il apprendra à s’équilibrer alors qu’il plie son encolure car il sait ce qu’il se passe. Si vous le forcer en tirant sa tête en arrière, vous risquez de le retourner et ce n’est pas le but de l’exercice ! Utilisez tact et timing lors de l’apprentissage et la préparation de cette façon quand vous devrez l’utiliser dans une urgence, vous et votre cheval saurez comment vous équilibrez.

Pourquoi s’échappe-t-il ?

Comme vous le savez, comprendre « pourquoi » est le plus important que vous puissiez faire. Si vous pouvez comprendre d’où vient le cheval, vous vous énerverez et le blâmerez plus difficilement.

Un cheval s’échappe pour l’une de ces deux raisons : Peur ou irrespect.

1. Peur : la peur est impliquée dans 99% des cas où le cheval s’échappe. Le cheval sent que sa sécurité est menacée, son adrénaline monte et il s’échappe. Sa peur s’aggrave à cause du cavalier qui se crispe, se tend et tire sa tête en arrière et c’est alors la catastrophe. S’il ne peut pas s’échapper, il ruera, bondira, se jettera dans l’air… vous connaissez la suite. Tout ce qu’il essaie de faire est de s’échapper vers la sécurité.

Un cheval peut commencer à se sentir en danger :

- En promenade, soit seul ou en groupe… il est loin de l’écurie et se sent vulnérable, spécialement s’il n’a pas une confiance totale en vous ; ou quand il est dans un groupe et ressent la peur d’un de ses congénères.
- Dehors dans un pâturage, à nouveau se sent vulnérable ;
- Trop de pression mentale du cavalier, ce qui est spécialement vrai dans le cas des chevaux de compétition qui sont soumis à la pression et qui ne sont pas prêts mentalement et émotionnellement ou pas assez confiants (dressage, cutting, reining, barrel racing, concours, etc.).

2. Irrespect : ce n’est pas aussi problématique car, de mes observations, la plupart des chevaux qui s’échappent sont généralement de types tendus, peureux, sensibles réagissant à la peur. Le cheval irrespectueux qui s’échappe ressemble plus au poney d’un enfant ou au cheval de manège qui en a assez. Il positionne simplement sa mâchoire et sa tête en direction de l’écurie et rentre. Il n’a pas peur, il prend simplement le dessus. Et généralement vous ne pouvez pas le blâmer ! Il en a ras le bol et il a appris comment se débrouiller dans cette situation. Le cavalier est alors impuissant, le plus souvent abandonne, descend et ne recommence jamais cela !

Les solutions basées sur la psychologie :

Premièrement, gagnez le respect de votre cheval. La réponse courte… jouez les 7 Games (les 7Jeux) jusqu’à ce qu’il soit réceptif et confiant plutôt que résistant. Les Seven Games apprennent à votre cheval à utiliser l’hémisphère gauche (la réflexion) plus souvent que l’hémisphère droit (la réaction, sans penser, l’instinct de conservation) de son cerveau.

Note spéciale : Vous devez penser que les Seven Games sont la seule réponse que j’aie pour tous les problèmes ! Bien que cela ne soit pas la seule réponse, c’est toujours le premier pas. C’est la façon de gagner le respect d’un cheval et le respect doit être en place avant la communication et le changement.

Deuxièmement, apprenez à votre cheval à céder à la pression. C’est inhérent aux Seven Games, spécifiquement le Jeu No 2, le Porcupine Game (le Jeu du Porc-épic). Les chevaux s’appuient naturellement contre la pression et doivent donc apprendre à céder à celle-ci, spécialement  sous la contrainte émotionnelle. Quand un cheval a peur, une pression physique comme un mors ou une restreinte sur sa tête s’apparente à jeter de l’huile sur le feu et il luttera contre plutôt que de céder à celle-ci. Plus il cédera facilement lorsqu’il n’est pas bouleversé, plus il se rappellera facilement cette habitude positive quand il l’est. De plus, n’utiliser qu’une rêne pour lui fléchir l’encolure, plutôt que deux pour le retenir, ne lui donnera rien contre quoi s’appuyer.

Alors que la peur contient de l’irrespect (un cheval qui a peur ne peut vous respecter vous, vos directions ou vos décisions), l’aider à la surmonter entraîne à développer sa confiance avec beaucoup d’exercices et de simulations. Cela demande plus de Savvy de votre part et dans mon Home Study Program (Programme d’étude à la maison), c’est quelque chose qui est traité plus complètement dans le Level 2 Harmony. Un cheval effrayé est un cheval dangereux et je suis le premier à dire « n’y allez pas » si vous et votre cheval n’êtes pas préparés. Parfois cette préparation prend quelques minutes. Pour d’autres, cela signifie quelques mois pour amener la relation, la confiance et le respect là où il le faut. Jusque-là, ne vous rendez pas dans des endroits où votre cheval va perdre le contrôle de ses émotions alors que vous perdrez son contrôle. Un mors plus gros, plus dur n’est pas la bonne réponse. Pas plus qu’une martingale. Cela n’a rien à voir avec maîtriser un cheval physiquement car les gens peuvent être effrayés, blessés ou tués de cette façon. C’est d’avoir un cheval avec vous… mentalement, émotionnellement et physiquement.

Quand les gens avec Savvy parlent…

… Ma femme, ma fille et moi-même avons été impliqués dans PNH durant une année et demi. C’est la meilleure chose que nous ayons faite pour les chevaux et nous-même.

Nous étions à un point où nous envisagions sérieusement d’abandonner l’équitation. Ma femme à un cheval bien entraîné qui était plutôt gentil, mais il avait trouvé le moyen de la dominer lorsqu’elle le montait. Je me considérais comme un connaisseur des chevaux – ayant été autour de ceux-ci toute ma vie – et je voulais que ma famille ait des expériences positives et agréables lorsque nous montions ensemble. Cela n’arrivait simplement pas.

Nous avions entendu parler de PNH au travers de notre association locale de Horseman. J’ai offert à ma femme une place dans l’un de vos cours et j’y ai participé comme spectateur pendant les deux jours. Je pensais que cela serait peut-être un moyen pour elle de surmonter les problèmes avec son cheval. Et bien, quelle révélation ce fut pour moi ! La réalisation de mon ignorance concernant les chevaux nous amena vers les expériences positives et agréables en famille que nous cherchions avec les chevaux… mais que nous ne savions trouver.

Le cheval de ma femme est maintenant un plaisir à monter. Elle monte plus souvent que moi. Ma fille sera une horsewoman naturelle et j’espère que les expériences qu’elle aura avec les chevaux seront bien meilleures que je ne pourrais jamais rêver.